Totem dog

Comme le disait Antoine-Laurent De Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » Pour ce travail, mon intention était de récupérer les poils laineux d’un chien, afin de les transformer en une autre matière : le feutre. Les poils sont une protection de l’épiderme, ici ils remplissent une toute autre fonction par l’action du feutrage. En effet, la matière première va subir une métamorphose, donnant lieu à « Totem Dog ». Ici, les fibres de laine sont soudées sur l’extérieur, contrairement à l’intérieur, où les écailles sont restées légèrement ouvertes afin que l’animal occupant « Totem Dog » puisse faire évoluer la forme.
Effectivement, de part sa mobilité, l’animal va laisser une trace de son passage, en se roulant, se frottant, ses poils vont ainsi se déposer et s’intégrer à la matière. Celle-ci étant alors en perpétuelle transformation. De plus, nous pouvons imaginer cet objet comme un « objet totem » lorsque l’animal aura disparu. Par le fait, « Totem Dog » pourra apparaître au propriétaire de l’animal perdu comme un objet fétiche, emblème d’un être disparu.

Cocoon light

Cette lampe entièrement feutrée est dédiée à la chambre : un lieu d’intimité d’où le nom et la forme donné à l’objet. En effet, celui-ci nous inspire le cocon, une enveloppe soyeuse ayant subit une métamorphose de sa matière première : la laine. De part ses épaisseurs plus ou moins importantes par endroits, ses perforations, cette « lampe cocon » nous offre différentes lumières, notamment grâce à sa mobilité, la rotation qui peut se faire autour de l’ampoule ! L’usager peut donc manipuler et orienter l’objet de façon à obtenir l’éclairage souhaité du moment. Par exemple, pour le travail, ce dernier préfèrera des ombres perforées offrant des puits de lumière importants. La lumière sera alors directe. Alors que pour le réveil matinal, l’utilisateur optera davantage pour des ombres délicates et légères, une lumière tamisée sera la bienvenue.
Le feutre vient ici filtrer la lumière, l’adoucir. Le feutrage nous permet de jouer avec la matière, on peut obtenir une multitudes de textures différentes. Assurément qu’elles soient transparentes, opaques, fines, épaisses, solides, fragiles, rigides ou encore souples, ce qui me séduit dans le feutre c’est son univers paradoxal.

Monstrous cuddly toys

J’ai travaillé sur le thème de la peau en partant de peluches. Ces dernières étant initialement prévues pour amuser l’enfant, le rassurer, sa présence est censée lui procurer un certain réconfort. Or, pour ce travail, j’ai souhaité dévier à l’extrême ce rôle du « doudou mignon » ! Un jeu de faux-semblant et de tromperie s’est mit en place autour d’un travail de confection de peaux pour chacune de ces « peluches monstrueuses ». L’une d’entre elle nous paraît avoir un pelage doux, or ce dernier se révélera plus piquant qu’il n’en a l’air !
De par leurs apparences trompeuses elles offrent au spectateur deux appréhensions. La première de par la vue, puis la seconde par le toucher. Ce mélange de fiction et de réel, de par la récupération d’éléments appartenant au monde vivant tel que des os, de la peau (mue), des plumes, etc, met ainsi le spectateur mal à l’aise. Ce dernier essayera de discerner le vrai du faux, cherchant la limite qui les séparent. Voici maintenant une petite anecdote que j’aime raconter : j’étais dans le train en route pour le concours d’entrée aux Arts Décoratifs de Strasbourg avec mes peluches dans mon sac. La douane me demanda d’ouvrir celui-ci, et découvrant avec stupeur mes objets, ils pensèrent alors avoir à faire à une trafiquante de drogue. D’autant plus que l’un des douaniers pris en main l’une d’entre elle que j’avais remplie de pierres, toujours dans l’espoir de tromper mon spectateur. Je me suis alors réjouis de voir que mon objectif était atteint. Cependant ma réjouissance fut de courte durée, jusqu’à ce que je le voit avec un cutter à la main près à les éventrer pour vérifier leur contenu !

Sac à dodo

Ce « sac à dodo » en thibaude à été conçu pour les promenades en forêt, à la plage, où ailleurs... offrant à l’usager un moment de repos, une sieste en pleine nature. La thibaude est un molleton de tissu initialement prévu pour doubler les tapis. Ici, elle sera appréciée pour ses capacités d’isolation phonique et thermique, sa résistance aux U.V et son confort. De ce fait, elle sera moelleuse et boursoufflée de la nuque jusqu’en bas du dos. L’utilisateur peut faire usage ou non d’un rabat (fixé avec deux boutonnières) au niveau du visage, s’isolant ainsi de la lumière, du vent, des U.V par exemple.
Ce « sac à dodo » sera très vite installé, l’usager aura simplement à le dérouler. Sa matière souple, maniable et légère nous permettra de le porter comme un sac grâce à deux lanières.